2026-04-24
Carnet Coupe du monde 2026 : l'Argentine, et pourquoi la deuxième couronne pèse toujours plus lourd
Je ne vois pas l'Argentine conserver la Coupe du monde en 2026.
Pas pour jouer les contrariants. Pas pour faire du bruit. Simplement parce que la Coupe du monde est cruelle d'une manière précise : le premier titre demande un plafond, le deuxième demande une complétude. Le plafond se montre une fois. La complétude se prouve sept matchs de suite.
L'Argentine a évidemment des os de championne. Pas des os sentimentaux. Des os testés.
En 1986, contre l'Angleterre, Maradona fait deux choses opposées en quatre minutes. 51e minute : la Main de Dieu. 55e : départ du milieu, corps qui tombent, ballon collé au pied, but qui ne vieillit pas. Une action était polémique, l'autre art pur. Pendant des décennies, le récit argentin a oscillé entre deux questions : assez de dureté ? assez de magie ?
En 1990, finale perdue sur le penalty de Brehme. En 2014, au Maracanã, but de Götze à la 113e minute. Deux fois, l'Argentine était assez près pour entendre la coupe respirer.
À Lusail, en 2022, elle a enfin expiré. Finale folle : 2-0, deux frappes de Mbappé entre la 79e et la 81e, Messi encore en prolongation, Mbappé encore sur penalty, puis la séance. L'Argentine gagne. Ce n'était pas seulement de la chance. C'était la capacité à remettre de l'ordre dans un match devenu sauvage.
Beaucoup retiennent les tirs au but. Le plus fort était la gestion de toute la phase à élimination.
Contre les Pays-Bas : 2-0, puis 2-2, puis survie. Même dessin : rendre le match plus petit, ralentir le pouls, amener l'autre dans une densité d'actions inconfortable pour lui et familière pour l'Argentine. Elle ne serre pas la gorge à chaque minute. Elle choisit les minutes où votre respiration change.
Voilà pourquoi je doute du doublé. Pas parce que l'Argentine est faible. Parce que le coût de son meilleur football augmente.
Premier problème : le temps. Ou plutôt, la possession du tempo.
Messi peut encore décider une séquence. Ce n'est pas discutable. Mais on ne peut plus lui demander de plier quatre-vingt-dix minutes à son pas. Avec lui, l'Argentine peut ralentir, fixer, renverser, créer une grande action toutes les cinq minutes. Sans lui, quel mécanisme garde la même qualité ?
Ce n'est pas réglé par une phrase sur les jeunes.
Lautaro Martinez et Julian Alvarez courent, pressent et attaquent le premier ballon. Ce sont davantage des finisseurs de séquence que des métronomes. Le métronome reste au milieu. Enzo Fernandez, Alexis Mac Allister et Rodrigo De Paul doivent faire avancer proprement le ballon et garder la forme après perte. En match couperet, une demi-seconde de retard devient une autoroute.
Deuxième problème : l'espace, surtout sur les transitions latérales.
La colonne reste dure : Dibu Martinez, Romero, Enzo, Mac Allister. Mais les grandes équipes modernes ne forcent pas toujours l'axe. Elles cherchent le dos du latéral et le côté du central. Si la première pression argentine ne mord pas, le côté peut être attaqué encore et encore.
On voit la scène : De Paul saute sur un second ballon, Molina monte en même temps, une diagonale adverse ouvre trente mètres dans son dos. Romero sort, l'intérieur se vide. La première couverture arrive. La deuxième, peut-être pas.
C'est cela, la peur d'un champion sortant : pas l'erreur seule, mais la chaîne qui suit.
Troisième problème : la densité des adversaires.
France, Angleterre, Brésil et plusieurs équipes européennes ont plus de profondeur. Gagner une grande nuit ne suffit peut-être pas. Il faudra peut-être en gagner trois. L'Argentine peut battre n'importe qui sur un match. La question est de savoir si elle peut transformer trois matchs de suite en son propre type de football.
Je vois donc son plafond réel autour des demi-finales. Pour gagner, il faudrait trois conditions ensemble : minutes de Messi gérées au scalpel, contre-pressing du milieu intact, efficacité offensive sans gaspillage dans les matchs couperets.
Aucune n'est impossible seule. Ensemble, c'est une porte haute.
L'Argentine ne tombera pas facilement. Elle a du fer, de l'expérience, du nerf.
Mais défendre une Coupe demande une autre cruauté : à chaque tour, être un peu plus complet que le tour précédent.
Cette Argentine est très bonne. Pour refaire le coup, je la vois encore à un demi-pas.
Groupe de référence Argentine 2026, par poste
Note : groupe établi en avril 2026 selon les matchs récents et les convocations habituelles. La liste finale de 26 dépendra de l'annonce officielle.
- Gardiens : Emiliano Martinez, Geronimo Rulli, Walter Benitez
- Défenseurs : Cristian Romero, Lisandro Martinez, Nicolas Otamendi, Nahuel Molina, Nicolas Tagliafico, Gonzalo Montiel, Juan Foyth
- Milieux : Rodrigo De Paul, Enzo Fernandez, Alexis Mac Allister, Guido Rodriguez, Giovani Lo Celso, Leandro Paredes
- Attaquants : Lionel Messi, Lautaro Martinez, Julian Alvarez, Nicolas Gonzalez, Alejandro Garnacho, Angel Correa
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