2026-05-11

Coupe du monde 2026, chronique d'équipe·Tchéquie : l'ombre de Nedved s'est éloignée, l'os dur reste

Le football tchèque a parfois une ombre plus brillante que son présent.

Fermez les yeux et vous ne verrez peut-être pas d'abord l'équipe 2026. Vous verrez l'Euro 1996 : le penalty de Berger, le lob de Poborsky, les cheveux clairs de Pavel Nedved courant sur l'aile. En finale contre l'Allemagne, la Tchéquie a mené. Puis Bierhoff est entré, a égalisé, et a tout fini avec le but en or.

C'était un autre football.

Maillots larges, pelouse plus lente, ailiers comme des rafales, numéros dix qui avaient encore le temps de lever la tête. Cette génération avait une obstination d'Europe centrale. Pas l'assurance d'un géant. Plutôt : vous ne nous regardez peut-être pas chaque semaine, mais évitez de nous regarder de haut.

L'Euro 2004 ressemble encore à un verre inachevé.

Nedved, Baros, Koller, Rosicky, Cech. Contre les Pays-Bas, ils sont revenus de 0-2 pour gagner 3-2. Revu aujourd'hui, le match garde un grain de vieux film et un rythme brûlant. Puis la Grèce en demi-finale, la prolongation, la tête de Dellas. But en argent. La Tchéquie tombe.

Certaines générations dorées n'ont pas besoin d'un trophée pour prouver qu'elles l'étaient.

La Tchéquie est de ce type.

Elle est restée là, mais on s'en est moins souvenu. Cech a mis son casque. Rosicky est apparu puis disparu entre les blessures. Nedved est monté dans les bureaux de la Juventus. Le football tchèque est passé d'une beauté dangereuse à une dureté difficile.

L'équipe 2026 appartient à cette seconde catégorie.

Pas brillante.

Pénible à jouer.

Tomas Soucek en est le visage, non parce qu'il est le plus élégant, mais parce qu'il ressemble à cette Tchéquie : grand, dur, coureur, vivant sur le deuxième ballon dans la surface. On n'achète pas un billet pour lui seul. Mais à la 78e minute, un corner arrive, les corps se heurtent, le ballon touche genou, épaule, tête, et finit derrière la ligne. Voilà un but tchèque.

Soucek est comme un poteau.

Pas immobile.

Un poteau que l'on croit pouvoir contourner, jusqu'à ce que chaque ballon haut tombe près de lui.

Patrik Schick donne le tranchant.

À l'Euro 2020 contre l'Écosse, il a tiré presque du milieu du terrain. Le ballon a survolé Marshall et est tombé dans le but. On ne frappe peut-être cela qu'une fois dans une vie. Mais Schick ne vit pas que de ce tir. Il a la taille, le pied gauche et la patience autour de la surface. En bonne santé, il peut faire passer la Tchéquie d'une équipe de deuxièmes ballons à une équipe soudain capable de jouer propre.

La question est là.

Son corps tiendra-t-il le rythme du tournoi ? Soucek et le milieu tiendront-ils le centre ? La Tchéquie n'a pas une rangée de joueurs capables de changer seuls un match. Hlozek a du talent, Cerny apporte de la vitesse, Provod et Sadilek peuvent avancer le ballon. Mais ce n'est ni la France ni le Brésil, où chaque regard trouve une nouvelle lame.

La Tchéquie ressemble davantage à une boîte à outils.

Clé, marteau, pince, tournevis. Ne demandez pas un sabre laser.

Mais une boîte à outils répare des choses cassées.

Contre les gros, le chemin est clair : empêcher le match de se casser devant sa surface, ne pas perdre le premier duel au milieu, protéger les côtés, traiter les coups de pied arrêtés comme une moitié d'attaque. Ce ne sera pas toujours romantique. Le football tchèque n'a pas survécu seulement au romantisme.

En Coupe du monde, son souvenir indépendant est irrégulier.

En 2006, elle a commencé par un 3-0 contre les États-Unis : Koller, Rosicky de loin, une génération dorée pas encore partie. Puis Koller s'est blessé, Baros aussi, et les défaites contre le Ghana puis l'Italie l'ont sortie. Vingt ans d'attente.

Vingt ans suffisent pour que beaucoup de jeunes supporters connaissent les Tchèques comme des fragments de clubs, non comme une nuit entière de sélection.

2026 n'est donc pas une grande proclamation de renaissance.

Trop grand.

C'est plutôt un retour à l'appel.

Ils diront : nous sommes encore là. Nous n'avons plus la course de Nedved ni la lumière de 2004. Nous avons des corps, des coups de pied arrêtés et des joueurs durcis en Angleterre, en Allemagne et en Italie. Vous pouvez nous battre. Préparez d'abord vos côtes.

Je ne vois pas la Tchéquie aller très loin.

Son plafond dépend de la santé de Schick et de la possibilité de tirer les matches vers le muscle. Si elle doit courir après le score et monter trop haut, le manque de vitesse et de création apparaîtra. Mais si le score reste assez longtemps à 0-0 ou 1-1, la Tchéquie devient du bois mouillé : difficile à allumer, difficile à déplacer, salissant les mains.

Certaines équipes font briller la Coupe du monde.

La Tchéquie rappelle qu'il existe aussi des après-midi gris, une pelouse dure et un corner à la 89e minute.

Quand ce corner viendra, Soucek entrera dans la surface.

Mieux vaut le surveiller.

Liste 2026 par poste

Note : projection selon les convocations récentes et l'usage habituel jusqu'en mai 2026. La liste finale dépendra de l'enregistrement officiel.

  • Gardiens : Matej Kovar, Jindrich Stanek, Tomas Vaclik
  • Défenseurs : Vladimir Coufal, David Jurasek, Tomas Holes, David Zima, Ladislav Krejci, Robin Hranac, Martin Vitik
  • Milieux : Tomas Soucek, Alex Kral, Lukas Provod, Michal Sadilek, Antonin Barak, Ondrej Lingr
  • Attaquants : Patrik Schick, Adam Hlozek, Vaclav Cerny, Mojmir Chytil, Jan Kuchta, Tomas Chory

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