2026-05-08

2026 Coupe du monde, portrait d'équipe·Côte d'Ivoire : après la génération Drogba, le maillot orange n'est plus seulement un souvenir

L'histoire mondiale de la Côte d'Ivoire ressemblait longtemps à une feuille de match intimidante.

Drogba. Yaya Toure. Kolo Toure. Zokora. Kalou. Gervinho.

On aligne ces noms et l'on se dit que cette équipe aurait dû laisser quelque chose d'immense en Coupe du monde. Le football n'a pas arrangé les choses ainsi. En 2006, pour sa première participation, elle tombe sur l'Argentine, les Pays-Bas, la Serbie-et-Monténégro. Un groupe comme une pièce à porte trop étroite. En 2010, le Brésil et le Portugal. En 2014, l'occasion paraît meilleure, puis disparaît sur un penalty grec dans le temps additionnel.

La génération Drogba semble toujours avoir été un peu lésée par la Coupe du monde.

Pas parce qu'elle était faible.

Parce qu'à chaque fois qu'elle voulait déployer les épaules, elle heurtait un mur.

On a donc appris à soupirer en parlant de la Côte d'Ivoire. Beaucoup de bons joueurs, peu de chance de tournoi. Le maillot orange ressemblait à du feu, mais le feu n'allait jamais assez loin.

Puis arrive la CAN 2024.

Une histoire si étrange qu'on hésiterait à l'inventer.

À domicile, la Côte d'Ivoire manque de s'effondrer en poule. Jean-Louis Gasset est renvoyé, l'équipe frôle la sortie de son propre tournoi. Emerse Fae reprend le groupe, et il ressemble à quelqu'un tiré du bord d'une falaise : d'abord respirer, puis marcher, puis combattre.

Contre le Sénégal, tirs au but.

Contre le Mali, à dix, égalisation dans le temps additionnel, but en prolongation.

En finale contre le Nigeria, elle est menée. L'orange des tribunes baisse un instant. Franck Kessie égalise, puis Sebastien Haller marque à la 81e minute.

Ce geste de Haller mérite d'être revu lentement.

Il a traversé la maladie, le retour, des choses qu'un avant-centre ne devrait pas porter seul. Ce n'est pas une frappe brutale. Plutôt un pied longtemps attendu qui apparaît au bon endroit. Le ballon entre, Abidjan explose.

À ce moment, la Côte d'Ivoire cesse d'être seulement le post-scriptum de la génération Drogba.

Elle a son propre chapitre.

C'est ce qui rend l'équipe de 2026 intéressante. Elle a encore l'histoire sur le dos, mais elle vient de démonter ce poids avec ses propres mains.

Le groupe a lui aussi du théâtre : Allemagne, Équateur, Curaçao. L'Allemagne est une vieille machine pleine de questions neuves. L'Équateur apporte l'humidité sud-américaine du ballon et la dureté des corps. Curaçao vient pour la première fois, et cela peut rendre une équipe dangereuse parce qu'elle protège moins. La Côte d'Ivoire ne peut pas seulement crier qu'elle est physique. En Coupe du monde, les corps ne manquent pas. Il faut savoir quand courir et quand s'arrêter.

Fae est intéressant aussi.

Ce n'est pas un géant de banc avec une aura célèbre. Parfois une sélection n'a pas besoin d'aura, mais de quelqu'un qui ramène des hommes dispersés autour de la table. En 2024, il l'a fait. Un groupe qui frôle l'élimination, change d'entraîneur, survit aux prolongations et aux tirs au but, puis gagne, ne panique pas facilement.

Kessie est le poids du milieu.

Son football n'est pas toujours joli, mais il a de la masse. La Côte d'Ivoire a la vitesse, l'impact, des joueurs qui veulent provoquer. Plus on a cela, plus il faut quelqu'un qui pose le pied sur le ballon et empêche les autres de s'éparpiller. Le meilleur de Kessie n'est pas toujours le but. C'est de rendre les autres moins chaotiques.

Seko Fofana compte aussi.

Quand il porte le ballon, on dirait qu'il ouvre l'herbe à grands pas. Pas un milieu délicat, plutôt un joueur qui desserre le premier barrage adverse. Si la Côte d'Ivoire veut libérer sa tempête orange, sa progression est une clé. Sinon, l'attaque attend trop longtemps.

Devant, les défenseurs ont de quoi détester la soirée.

Haller est un avant-centre et une histoire. Simon Adingra apporte vitesse et courage dans le un contre un. Amad Diallo, en forme, a ce pied gauche qui rétrécit le terrain. Nicolas Pepe a connu les hauts et les bas, mais garde cette frappe déraisonnable. Il ne manque pas de problèmes à poser.

Derrière, ce n'est pas mince.

Evan Ndicka, Odilon Kossounou, Wilfried Singo, Serge Aurier. Il y a du corps. Aurier n'est plus jeune, mais un vieux latéral sert souvent en sélection. Quand les jeunes chauffent trop, il sait quand la passe simple suffit et quand envoyer en tribune n'est pas honteux.

Le problème vient de la force elle-même.

La Côte d'Ivoire peut vouloir faire exploser le match trop vite.

Le ballon va sur le côté, quelqu'un veut provoquer. Le milieu reçoit, il veut conduire. L'avant remise, les courses partent déjà dans la surface. Quand cela marche, c'est magnifique : des vagues orange qui poussent l'adversaire. Quand cela ne marche pas, l'excitation étire l'équipe.

La Coupe du monde punit cela plus que la CAN.

En Afrique, on peut parfois sauver une nuit avec un souffle de plus. Au Mondial, les adversaires attendent mieux. Tu montes, ils voient les dix mètres dans ton dos. Tu demandes un nouveau duel, le latéral et le milieu défensif t'ont déjà enfermé.

Mon avis est partagé.

La Côte d'Ivoire a le corps et le feu d'une équipe de quart de finale.

Elle a aussi la possibilité de se mettre elle-même en désordre dès la poule.

Si Fae transforme l'entêtement de 2024 en froideur pour 2026, elle fera peur. Elle sait déjà que les endroits laids ne terminent pas un match. Mais si elle confond dureté à tuer et permission de jouer sauvage, le danger arrive.

La génération Drogba a laissé un plafond haut et un regret lourd.

Ce groupe n'a pas besoin de regarder sans cesse cette vieille photo.

Il a le geste de Haller, l'égalisation de Kessie, Adingra sur le côté, et un titre que Fae a sorti des décombres. Le maillot orange n'est plus seulement le soupir d'un tirage qui aurait pu être plus doux.

En 2026, il ne doit pas prouver qu'il a du talent.

Personne n'en doute.

Il doit prouver qu'une fois le feu allumé, il ne se brûlera pas lui-même.

Liste 2026 par poste

Note : projection établie à partir des convocations, des éliminatoires et des usages récents jusqu'en mai 2026. La liste finale des 26 dépendra de l'annonce officielle.

  • Gardiens : Yahia Fofana, Badra Ali Sangare, Ira Tape
  • Défenseurs : Evan Ndicka, Odilon Kossounou, Willy Boly, Wilfried Singo, Serge Aurier, Ghislain Konan, Ousmane Diomande
  • Milieux : Franck Kessie, Seko Fofana, Ibrahim Sangare, Jean Michael Seri, Jean-Philippe Krasso, Hamed Traore
  • Attaquants : Sebastien Haller, Simon Adingra, Amad Diallo, Nicolas Pepe, Christian Kouame, Karim Konate, Maxwel Cornet

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