2026-05-08

2026 Coupe du monde, portrait d'équipe·Qatar : après le réveil du rêve à domicile, que reste-t-il

Écrire sur le Qatar ne peut pas se limiter à 2022.

Bien sûr, ces trois matches restent trop visibles. Coupe du monde à domicile, match d'ouverture, nuit du Golfe, tuniques blanches, feux d'artifice, caméras sur les tribunes. Puis l'Équateur a réveillé le pays hôte, passe après passe, duel après duel. Pas un réveil qui sonne. Plutôt quelqu'un qui tire les rideaux et laisse le soleil frapper le visage.

Le Qatar a perdu ses trois matches.

Beaucoup ont retenu cela : pays hôte, trois défaites, sortie rapide. Depuis, le ton devient souvent léger dès qu'on en parle, comme si l'on évoquait une scène très chère où les acteurs seraient montés en oubliant leur texte.

C'est trop simple.

Et pas très juste.

Le football qatari n'est pas apparu en 2022. En 2019, il avait déjà marqué la Coupe d'Asie. Akram Afif et Almoez Ali ont couru et marqué tout le tournoi. En finale contre le Japon, le retourné d'Almoez mérite encore d'être regardé seul. Le ballon rebondit dans la surface, son corps part en arrière, la jambe décrit un arc. L'espace d'une seconde, ce n'est plus un tir d'avant-centre. C'est une lettre arabe écrite en l'air.

Le Japon avait Maya Yoshida, Takehiro Tomiyasu, Takumi Minamino. Ce n'était pas une petite équipe.

Le Qatar a gagné.

La question n'est donc pas de savoir s'il sait jouer. La question est de savoir s'il peut emporter son football dans un match de Coupe du monde.

En 2022, il n'y est pas arrivé.

On aurait dit une équipe portant sur le dos les plans de tout un pays. Chaque passe pesait. Chaque perte était agrandie. Afif voulait le ballon, voulait une demi-seconde, voulait ramener le rythme vers quelque chose de connu. Mais une Coupe du monde n'est pas une Coupe d'Asie. Quand l'adversaire s'approche, l'espace rétrécit. Almoez attendait devant et recevait trop souvent des passes écrasées. Le milieu voulait calmer sans y parvenir; la défense voulait sortir sans y arriver.

C'est le mauvais côté du statut d'hôte.

On dit que jouer chez soi aide. Parfois, jouer chez soi est une chemise mouillée : plus tu cours, plus elle pèse.

En 2026, le Qatar sera peut-être plus léger.

Plus d'étiquette d'hôte. Plus le vacarme immense de la première fois. Ce qu'il doit prouver est plus simple : pas un projet national, pas l'argent, pas l'organisation.

Seulement qu'il est une équipe de Coupe du monde.

Le tirage n'est pas tendre : Canada, Suisse, Bosnie-Herzégovine. Un hôte, une Suisse qui sait durcir les matches, une équipe balkanique avec du corps et du rythme. Le Qatar ne peut pas entrer dans ce groupe en brandissant son titre asiatique. Il ressemble plutôt à quelqu'un qui cherche une chaise à table. Avant de s'asseoir, il doit montrer qu'il n'est pas venu pour décorer.

Avec Julen Lopetegui, il y a davantage d'ordre européen. Le mot sonne vide si on ne le pose pas sur le terrain. Là, il signifie de petites choses : qui se place à droite du gardien à la relance; qui couvre le latéral; s'il reste de la largeur quand Afif rentre dans l'axe; qui s'approche quand Almoez reçoit dos au but.

Ce n'est pas beau.

Mais le Qatar en a besoin.

Il ne peut plus, comme en 2022, confier le ballon au destin dès que le pressing arrive. Afif n'est pas Messi. Il ne sortira pas chaque match d'entre quatre corps. Mais donne-lui un demi-tour, une course diagonale, un latéral dans son dos, et il reste l'un des joueurs asiatiques qui savent le mieux alléger une rencontre.

Afif a un peu de théâtre.

Pas du cabotinage. Il sait simplement où regarde la caméra. Il ralentit parfois sa prise de balle d'un demi-temps. Avant de passer, il oriente son corps comme si le ballon allait ailleurs. Dans ses meilleurs soirs, il ne te bat pas à la course; il te fait deviner faux. En 2019, lui et Almoez semblaient s'échanger la même clé : l'un décroche, l'autre part; l'un attend, l'autre court.

Almoez n'est plus la jeune flèche de cette époque.

Il a traversé l'embarras d'un Mondial à domicile et le sommet d'une Coupe d'Asie. À cet âge, un avant-centre n'a pas besoin de gagner chaque sprint. Il doit savoir quand ne pas sprinter. Si le Qatar fabrique quelques attaques propres en 2026, elles commenceront sans doute au pied d'Afif et finiront près d'Almoez.

Les vieux noms derrière comptent encore.

Boualem Khoukhi, Bassam Al-Rawi, Pedro Miguel, Karim Boudiaf. Ceux qui vivent dans les cinq grands championnats européens les voient peu. Mais une sélection n'est pas un paquet de cartes. C'est parfois une bande de gens qui se connaissent et partent loin : qui a le mal des transports, qui apporte l'eau, qui sait où sont les passeports. Tout cela compte.

L'avantage du Qatar, c'est cette familiarité.

Son danger aussi.

Trop se connaître peut ralentir. Les habitudes deviennent lisibles. Afif veut se retourner; l'adversaire le sait. Almoez veut partir en diagonale; l'adversaire le sait. Khoukhi veut allonger; l'adversaire le sait aussi. En Coupe du monde, la répétition sans variation devient prévisible.

Le plafond du Qatar n'est donc pas très haut.

Je ne le vois pas devenir soudain un trouble-fête des huitièmes, sauf si le premier match lui donne des points, si le groupe s'ouvre, si Afif retrouve une soirée légère comme en 2019. Sinon, cette équipe peut gêner un moment, plus difficilement faire peur trois fois de suite.

Mais elle mérite quand même qu'on l'écrive.

Parce qu'elle peut enfin sortir de l'ombre de 2022.

Ce Mondial ressemblait à une maison trop neuve : murs propres, meubles brillants, personne vraiment à l'aise à l'intérieur. En 2026, il y aura moins de projecteurs. Peut-être que cela l'aidera à devenir une équipe plus ordinaire, plus rugueuse, prête à disputer les deuxièmes ballons.

Pour le Qatar, ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle.

Certaines équipes découvrent seulement si elles savent chanter quand la scène a été démontée.

Liste 2026 par poste

Note : projection établie à partir des convocations, des éliminatoires et des usages récents jusqu'en mai 2026. La liste finale des 26 dépendra de l'annonce officielle.

  • Gardiens : Meshaal Barsham, Saad Al Sheeb, Salah Zakaria
  • Défenseurs : Pedro Miguel, Bassam Al-Rawi, Boualem Khoukhi, Tarek Salman, Homam Ahmed, Ahmed Suhail, Abdelkarim Hassan
  • Milieux : Karim Boudiaf, Abdulaziz Hatem, Assim Madibo, Jassem Gaber, Ahmed Fathy, Mostafa Tarek
  • Attaquants : Akram Afif, Almoez Ali, Edmilson Junior, Ismaeel Mohammad, Mohammed Muntari, Ahmed Al-Rawi

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